Toutes les réponses sur le glaucome : types, facteurs de risque, diagnostic, traitements (collyres, laser, chirurgie) et suivi. Informations rédigées par le Dr Mayer Srour au cabinet Grand Paris Ophtalmologie, 67 rue de Malnoue, 93160 Noisy-le-Grand – tél. 01 85 10 57 00.


Généralités

Qu’est-ce que le glaucome ?

Le glaucome est une neuropathie optique chronique caractérisée par une destruction progressive des fibres du nerf optique, entraînant une perte irréversible du champ visuel. Il est souvent associé à une pression intraoculaire élevée mais peut survenir à pression normale. C’est la deuxième cause de cécité évitable dans le monde après la cataracte, touchant 1,2 million de Français.

Quels sont les types de glaucome ?

Le glaucome chronique à angle ouvert est le plus fréquent (90 % des cas) : évolution lente et indolore. Le glaucome aigu par fermeture de l’angle est une urgence avec douleur intense et rougeur. Le glaucome à pression normale, le glaucome pigmentaire, le glaucome exfoliatif (pseudoexfoliation) et les glaucomes secondaires (à la corticothérapie, uvéitique, néovasculaire) complètent le tableau.

Le glaucome est-il héréditaire ?

Oui, les antécédents familiaux de glaucome au premier degré multiplient le risque par 4 à 10. Plusieurs gènes ont été identifiés (MYOC, OPTN, NTF4, TBK1). Un dépistage est recommandé dès 40 ans pour les membres de la famille d’un patient glaucomateux. Le glaucome juvénile à angle ouvert a une forte composante génétique.

Le glaucome peut-il rendre aveugle ?

Sans traitement, le glaucome évolue vers la cécité en 10 à 20 ans. Avec un traitement adapté, la grande majorité des patients conservent une vision fonctionnelle à vie. La cécité liée au glaucome survient surtout en cas de diagnostic tardif ou de mauvaise observance thérapeutique. D’où l’importance d’un dépistage précoce et d’un suivi régulier.

Dépistage et Diagnostic

Comment est diagnostiqué le glaucome ?

Le diagnostic repose sur : la mesure de la pression intraoculaire (>21 mmHg évocateur mais non spécifique), l’examen de la papille optique (excavation, hémorragies péripapillaires), le périmètre automatisé (champ visuel) pour détecter les scotomes, l’OCT de la couche de fibres nerveuses rétiniennes (RNFL) et l’angle irido-cornéen (gonioscopie). L’ensemble de ces examens est réalisé au cabinet GPO.

Le glaucome peut-il se développer avec une pression oculaire normale ?

Oui, le glaucome à pression normale (ou basse tension) représente environ 30 % des glaucomes. La pression peut être normale (<21 mmHg) mais insuffisante pour un nerf optique fragilisé. Il est plus fréquent chez les femmes, les patients avec antécédents vasculaires (migraine, hypotension nocturne) et en Asie de l'Est. Son traitement vise à abaisser encore davantage la pression.

Quels sont les facteurs de risque du glaucome ?

Les facteurs de risque incluent : pression intraoculaire élevée (principal facteur modifiable), âge >60 ans, antécédents familiaux de glaucome, myopie forte (risque 2-3 fois supérieur), cornée fine (<510 microns), origine africaine ou caribéenne, prise prolongée de corticoïdes, diabète et antécédent d'occlusion vasculaire oculaire.

À quelle fréquence surveiller un glaucome ?

La fréquence du suivi dépend du stade et de la stabilité : glaucome débutant stable → contrôle tous les 6 mois (pression et OCT) + champ visuel annuel ; glaucome avancé ou instable → tous les 3 à 4 mois. Un périmètre automatisé bisannuel est recommandé pour détecter toute progression. Le Dr Mayer Srour adapte le rythme de suivi à chaque patient.

Traitements

Quels sont les traitements du glaucome ?

Le traitement de première intention est médical (collyres hypotonisants). En cas d’insuffisance, la trabéculoplastie laser (SLT) peut réduire la pression de 20 à 30 %. La chirurgie (trabéculectomie, implant de drainage MIGS) est réservée aux glaucomes non contrôlés médicalement. L’objectif est d’atteindre une pression cible permettant la stabilisation du nerf optique.

Les collyres anti-glaucome doivent-ils être pris à vie ?

Dans la plupart des cas, oui. Le glaucome est une maladie chronique nécessitant un traitement continu. Cependant, après une chirurgie réussie ou un traitement laser efficace, certains patients peuvent réduire ou arrêter les collyres. L’arrêt sans avis médical est dangereux car la pression remonte rapidement et la perte du champ visuel est irréversible.

Le laser SLT est-il efficace pour le glaucome ?

La trabéculoplastie sélective au laser (SLT) abaisse la pression oculaire de 20 à 30 % chez 70 à 80 % des patients. Son effet dure en moyenne 2 à 5 ans et peut être répété. Elle est indiquée comme alternative ou complément aux collyres. La procédure est ambulatoire, indolore, de 5 à 10 minutes et sans effets secondaires majeurs.

Qu’est-ce que la trabéculectomie ?

La trabéculectomie est la chirurgie filtrante de référence du glaucome. Elle crée une voie de drainage entre la chambre antérieure et l’espace sous-conjonctival via une bulle filtrante. Elle réduit la pression de 30 à 50 %. Ses risques incluent : hypotonie, endophtalmie tardive, cataracte. Les nouvelles chirurgies mini-invasives (MIGS) offrent un profil de sécurité amélioré.

Les MIGS sont-ils une alternative à la trabéculectomie ?

Les chirurgies mini-invasives du glaucome (MIGS : iStent, Hydrus, XEN, OMNI) offrent un profil de sécurité supérieur à la trabéculectomie mais avec une réduction pressionnelle plus modeste (20-30 %). Elles sont souvent combinées à la chirurgie de la cataracte. Elles conviennent aux glaucomes légers à modérés mal contrôlés médicalement.

Suivi et Vie Quotidienne

Peut-on conduire avec un glaucome ?

Cela dépend de l’étendue des déficits du champ visuel. Le permis de conduire exige un champ visuel minimal. En cas de glaucome avancé avec déficit étendu, la conduite peut être contre-indiquée. Un bilan de conduite spécialisé peut être nécessaire. Le Dr Mayer Srour évalue l’aptitude à la conduite selon les résultats du périmètre automatisé.

Le sport est-il contre-indiqué avec le glaucome ?

L’activité physique modérée est bénéfique car elle abaisse légèrement la pression oculaire. En revanche, certaines positions (tête en bas dans le yoga, inversions prolongées) et les exercices de résistance intense (musculation avec apnée) peuvent élever transitoirement la pression. La plongée sous-marine nécessite une évaluation spécifique selon le traitement en cours.

Les écrans aggravent-ils le glaucome ?

Non, les écrans n’aggravent pas directement le glaucome. En revanche, une pression oculaire élevée non traitée est le facteur d’aggravation principal. La meilleure prévention est l’observance rigoureuse du traitement hypotonisant et le suivi régulier. Un clignement insuffisant devant les écrans peut provoquer une sécheresse oculaire qui peut gêner l’instillation des collyres.

Le stress aggrave-t-il le glaucome ?

Le stress aigu peut provoquer une élévation temporaire de la pression oculaire. Un stress chronique est associé à une moins bonne observance thérapeutique. Il n’y a pas de preuve que le stress chronique aggrave directement la progression du glaucome si la pression est bien contrôlée. Une bonne hygiène de vie avec gestion du stress est conseillée.