Toutes les réponses sur les injections intravitréennes (IVT) : pourquoi injecter dans l’œil, comment se préparer, quels médicaments anti-VEGF, quels risques, quel remboursement. Informations rédigées par le Dr Mayer Srour, spécialiste en pathologie rétinienne au cabinet Grand Paris Ophtalmologie, 67 rue de Malnoue, 93160 Noisy-le-Grand – tél. 01 85 10 57 00.


Qu’est-ce qu’une injection intravitréenne ?

Qu’est-ce qu’une injection intravitréenne (IVT) ?

Une injection intravitréenne consiste à injecter un médicament directement dans la cavité vitréenne de l’œil à l’aide d’une fine aiguille. C’est le traitement de référence de nombreuses maladies rétiniennes : DMLA humide, œdème maculaire diabétique, occlusion veineuse rétinienne, néovaisseaux myopiques. Le geste est réalisé en ambulatoire sous anesthésie locale par le Dr Mayer Srour.

Pourquoi injecter dans l’œil plutôt que prendre un médicament par voie orale ?

L’injection intravitréenne permet d’obtenir des concentrations thérapeutiques très élevées directement au niveau de la rétine, tout en limitant les effets systémiques. Les médicaments anti-VEGF ou corticoïdes ne peuvent pas traverser la barrière hémato-rétinienne en concentrations suffisantes lorsqu’ils sont administrés par voie orale ou intraveineuse.

Quelles maladies traitent les injections intravitréennes ?

Les IVT traitent principalement : la DMLA humide (néovasculaire), l’œdème maculaire diabétique, les occlusions veineuses rétiniennes (branche ou centrale), les néovaisseaux choroïdiens du myope fort, l’œdème maculaire uvéitique, et certaines tumeurs oculaires. Le médicament injecté varie selon l’indication : anti-VEGF pour la plupart des cas, corticoïdes (Ozurdex) pour les œdèmes inflammatoires.

Combien de temps dure une injection intravitréenne ?

L’injection elle-même dure moins de 30 secondes. Avec la préparation (installation des collyres anesthésiants, désinfection), l’ensemble de la procédure prend environ 15 à 20 minutes. Vous pouvez repartir immédiatement après une courte surveillance. Il est recommandé de venir accompagné car la dilatation pupillaire gêne temporairement la conduite.

L’injection intravitréenne est-elle douloureuse ?

Non. L’IVT est réalisée sous anesthésie locale par collyres anesthésiants instillés avant le geste. L’injection elle-même est quasi indolore — la plupart des patients ressentent une légère pression. Une gêne légère ou une sensation de brûlure peut persister quelques heures. En cas de douleur intense après l’injection, consultez en urgence.

L’IVT est-elle réalisée à l’hôpital ou en cabinet ?

Les injections intravitréennes peuvent être réalisées en cabinet de ville agréé, en clinique ou à l’hôpital. Le Dr Mayer Srour pratique les IVT au cabinet Grand Paris Ophtalmologie (67 rue de Malnoue, Noisy-le-Grand) dans des conditions d’asepsie strictes, conformément aux recommandations de la Société Française d’Ophtalmologie.

Préparation et Déroulement

Comment se préparer à une injection intravitréenne ?

Aucune préparation spéciale n’est requise. Mangez normalement avant l’injection, continuez vos traitements habituels (y compris anticoagulants dans la plupart des cas). Venez accompagné si possible car la dilatation pupillaire peut gêner la conduite pendant 2 à 3 heures. Signalez tout signe d’infection oculaire (rougeur, sécrétions) qui peut conduire à reporter l’injection.

Faut-il arrêter les anticoagulants avant une IVT ?

Non, dans la grande majorité des cas. Les anticoagulants oraux (warfarine, rivaroxaban, apixaban) et les antiagrégants (aspirine, clopidogrel) ne nécessitent pas d’être arrêtés avant une injection intravitréenne. Le risque de saignement intraoculaire lié à l’injection est très faible et ne justifie pas l’arrêt qui pourrait exposer à des risques thromboemboliques.

Comment se déroule une injection intravitréenne en pratique ?

L’œil est dilaté par collyres, puis anesthésié par collyres anesthésiants. La peau autour de l’œil est désinfectée à la povidone iodée. Un écarteur de paupières est placé. L’injection est réalisée dans la partie blanche de l’œil (sclère), à 3,5 à 4 mm du limbe cornéen, dans le quadrant temporal inférieur ou supérieur. L’aiguille est retirée et la pression oculaire est vérifiée.

Peut-on voir normalement juste après une IVT ?

Une bulle d’air ou de gaz peut être visible temporairement dans votre champ visuel (tache noire mobile) pendant quelques heures à quelques jours selon le médicament injecté. La vision peut être légèrement trouble immédiatement après. Elle revient à son niveau habituel dans les heures suivantes. La dilatation pupillaire gêne la vision de près pendant 2 à 3 heures.

Peut-on conduire après une injection intravitréenne ?

La conduite est déconseillée le jour même en raison de la dilatation pupillaire et de l’éventuelle présence d’une bulle d’air. Dès le lendemain, si la vision est satisfaisante, toutes les activités habituelles peuvent être reprises. Il est recommandé de venir accompagné à chaque séance d’injection.

Après l’Injection – Soins et Suivi

Quels soins appliquer après une injection intravitréenne ?

Évitez de frotter l’œil traité. Pas de natation, de bain ou d’activités aquatiques pendant 48 heures. Pas de maquillage des yeux pendant 48 heures. Le port de lunettes de protection n’est pas indispensable. Des collyres antibiotiques sont parfois prescrits pour quelques jours selon les protocoles. Une légère rougeur ou gêne est normale.

Quand consulter en urgence après une IVT ?

Consultez immédiatement si vous ressentez : une douleur oculaire intense et croissante, une baisse brutale de vision, une rougeur importante et douloureuse de l’œil. Ces signes peuvent indiquer une endophtalmie (infection intraoculaire) qui, bien que rare (<0,05 %), nécessite un traitement d'urgence. Appelez le 01 85 10 57 00 ou rendez-vous aux urgences ophtalmologiques.

Quand a lieu la prochaine injection après la première ?

Le protocole varie selon la maladie et le médicament. Pour la DMLA humide, la phase d’induction comprend 3 injections mensuelles, puis les injections sont adaptées à l’OCT (protocole Treat-and-Extend ou Pro-Re-Nata). Pour l’œdème maculaire diabétique, le protocole initial est également mensuel. Le Dr Mayer Srour vous remet un calendrier de suivi personnalisé.

Médicaments Anti-VEGF

Quelle est la différence entre Eylea, Lucentis, Vabysmo et Beovu ?

Ce sont tous des anti-VEGF mais avec des structures moléculaires et des demi-vies différentes. Lucentis (ranibizumab) était le premier approuvé ; Eylea (aflibercept) a une demi-vie plus longue permettant des injections toutes les 8 semaines après la phase d’induction. Vabysmo (faricimab) bloque deux voies (VEGF-A et Ang-2) et peut permettre des intervalles de 16 semaines. Beovu (brolucizumab) offre une action puissante mais avec un risque plus élevé d’inflammation.

Comment savoir si l’injection anti-VEGF est efficace ?

L’efficacité est évaluée à chaque visite de contrôle par l’OCT maculaire qui mesure l’épaisseur rétinienne et la présence de liquide sous ou intra-rétinien. Une amélioration ou stabilisation de l’acuité visuelle est également mesurée. L’objectif principal est d’obtenir une rétine ‘sèche’ (absence de liquide actif).

L’injection anti-VEGF peut-elle perdre son efficacité avec le temps ?

Oui, certains patients développent une tachyphylaxie (perte d’efficacité progressive) ou une résistance à un anti-VEGF. Dans ce cas, un switch vers une autre molécule peut être proposé. Vabysmo (faricimab) peut être efficace chez des patients insuffisamment répondeurs à Eylea ou Lucentis.

L’Ozurdex est-il une injection intravitréenne ?

Oui, l’Ozurdex est un implant de dexaméthasone (corticoïde) à libération prolongée injecté dans le vitré via un applicateur. Son effet dure environ 4 à 6 mois. Il est indiqué pour l’œdème maculaire des occlusions veineuses et l’œdème uvéitique. Son principal effet secondaire est l’élévation de la pression oculaire et l’accélération de la cataracte.

Risques et Remboursement

Quels sont les risques d’une injection intravitréenne ?

Les risques graves sont rares : endophtalmie (infection <0,05 %), décollement de rétine (<0,1 %), hémorragie du vitré (<0,1 %), occlusion artérielle rétinienne. Les effets secondaires mineurs fréquents sont : rougeur conjonctivale, sensation de corps étranger, petite hémorragie sous-conjonctivale (tache rouge bénigne disparaissant en 1-2 semaines). Le rapport bénéfice/risque est très favorable.

Les injections intravitréennes sont-elles remboursées ?

Oui, les IVT d’anti-VEGF (Eylea, Lucentis, Vabysmo, Beovu) sont remboursées à 100 % par l’Assurance Maladie pour les indications reconnues (DMLA humide, œdème maculaire diabétique, occlusion veineuse). L’acte médical est également pris en charge. Il n’y a pas de reste à charge pour le patient dans le cadre d’une prise en charge ALD.

Peut-on refuser une injection intravitréenne ?

Oui, le patient est libre de refuser tout traitement après avoir reçu une information complète sur les bénéfices et risques. Cependant, le refus des IVT pour la DMLA humide entraîne quasi-systématiquement une perte visuelle sévère et irréversible. Le Dr Mayer Srour prend le temps d’expliquer l’importance du traitement et répond à toutes vos questions.

Combien d’injections peut-on recevoir dans un même œil ?

Il n’y a pas de limite théorique au nombre d’injections dans un même œil. Certains patients reçoivent plus de 30 injections sur plusieurs années. La tolérance est généralement bonne. Un suivi régulier permet d’adapter le rythme et de détecter d’éventuelles complications liées à l’injection répétée (cataracte accélérée, élévation tensionnelle).