Retrouvez toutes les réponses aux questions sur la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge) : symptômes, diagnostic, traitements par injections anti-VEGF, suivi et vie quotidienne. Ces informations sont rédigées par le Dr Mayer Srour, spécialiste en pathologie rétinienne au cabinet Grand Paris Ophtalmologie, 67 rue de Malnoue, 93160 Noisy-le-Grand – tél. 01 85 10 57 00.


Généralités sur la DMLA

Qu’est-ce que la DMLA ?

La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est une maladie chronique qui atteint la macula, zone centrale de la rétine permettant la vision fine, la lecture et la reconnaissance des visages. Elle survient principalement après 50 ans et représente la première cause de malvoyance après 65 ans en France. Il en existe deux formes : la DMLA sèche (atrophique) et la DMLA humide (néovasculaire).

À quel âge apparaît la DMLA ?

La DMLA débute généralement après 50 ans, mais sa fréquence augmente fortement après 65 ans. Avant 55 ans, on parle de forme précoce (drusen, altérations pigmentaires). Passé 75 ans, la prévalence dépasse 30 %. Un dépistage est recommandé dès 50 ans en cas d’antécédents familiaux ou de tabagisme.

La DMLA est-elle fréquente en France ?

La DMLA touche environ 1 million de Français et 8 millions d’Européens. C’est la première cause de cécité légale chez les plus de 50 ans dans les pays développés. Chaque année, 150 000 nouveaux cas sont diagnostiqués en France. La prévalence augmente avec l’espérance de vie croissante.

La DMLA est-elle héréditaire ?

Oui, des facteurs génétiques jouent un rôle important. Si un parent au premier degré est atteint, le risque de développer une DMLA est multiplié par 3 à 4. Plusieurs gènes de susceptibilité ont été identifiés (CFH, ARMS2). Un dépistage familial est conseillé dès 50 ans.

Quels sont les facteurs de risque de la DMLA ?

Les principaux facteurs de risque modifiables sont le tabagisme (multiplie le risque par 3 à 4), une alimentation pauvre en antioxydants, l’obésité et une exposition solaire excessive sans protection. Les facteurs non modifiables incluent l’âge, les antécédents familiaux, la peau claire et les yeux clairs. L’hypertension artérielle est également associée à un risque accru.

Peut-on prévenir la DMLA ?

Il n’existe pas de prévention absolue, mais plusieurs mesures réduisent le risque : arrêt du tabac (facteur de risque majeur), alimentation riche en légumes verts (lutéine, zéaxanthine), port de lunettes solaires UV400, et contrôle de la pression artérielle. Chez les patients avec DMLA sèche avancée, les compléments alimentaires AREDS2 ralentissent la progression.

La DMLA touche-t-elle les deux yeux ?

La DMLA est souvent bilatérale mais peut évoluer de façon asymétrique. Si un œil est atteint, le risque de développer une DMLA sur l’autre œil est de 40 à 60 % à 5 ans. Une surveillance régulière des deux yeux par OCT et grille d’Amsler est donc indispensable, même si un seul œil est symptomatique.

La DMLA rend-elle complètement aveugle ?

La DMLA n’entraîne pas de cécité totale car elle respecte la vision périphérique. Elle provoque en revanche une perte de la vision centrale (scotome central), rendant la lecture, l’écriture et la reconnaissance des visages très difficiles. La DMLA humide non traitée peut entraîner une perte sévère de la vision centrale en quelques semaines.

Quelle est la différence entre DMLA et cataracte ?

La cataracte est un trouble de la transparence du cristallin (lentille de l’œil) qui provoque une vision floue et se traite chirurgicalement avec d’excellents résultats. La DMLA atteint la rétine (la macula) et n’est pas curable dans la forme sèche. Les deux peuvent coexister. Un bilan ophtalmologique complet permet de distinguer les deux pathologies.

Un patient peut-il avoir à la fois une DMLA et un glaucome ?

Oui, ces deux maladies peuvent coexister, notamment chez les patients âgés. Leur association complique la prise en charge car chacune affecte une partie différente de la vision (centrale pour la DMLA, périphérique pour le glaucome). Un suivi régulier et un traitement adapté à chaque pathologie sont nécessaires.

Symptômes et Diagnostic

Quels sont les premiers signes de la DMLA ?

Les premiers symptômes sont : une déformation des lignes droites (métamorphopsies), une tache sombre ou floue au centre de la vision (scotome central), une difficulté à lire même avec de bonnes lunettes, et une sensibilité aux contrastes réduite. En cas d’apparition brutale, consultez en urgence dans les 24-48 heures car il peut s’agir d’une DMLA humide.

Comment tester soi-même sa DMLA avec la grille d’Amsler ?

Couvrez un œil, tenez la grille d’Amsler à 33 cm, fixez le point central et vérifiez que toutes les lignes sont droites, régulières et que vous voyez les quatre coins. Si des lignes sont déformées, ondulées ou si une zone est floue ou absente, consultez votre ophtalmologue en urgence. Ce test doit être réalisé séparément pour chaque œil, avec votre correction visuelle habituelle.

Comment le médecin diagnostique-t-il la DMLA ?

Le diagnostic repose sur l’examen du fond d’œil (après dilatation pupillaire), l’OCT maculaire (tomographie par cohérence optique) qui analyse la rétine couche par couche, et éventuellement l’angiographie à la fluorescéine ou au vert d’indocyanine pour visualiser les néovaisseaux. Ces examens sont réalisés au cabinet Grand Paris Ophtalmologie à Noisy-le-Grand.

Qu’est-ce que l’OCT maculaire dans la DMLA ?

L’OCT (tomographie par cohérence optique) est l’examen de référence pour diagnostiquer et suivre la DMLA. Il fournit des images en coupe de la rétine avec une résolution de quelques microns, permettant de détecter les drusen, les décollements de l’épithélium pigmentaire, les néovaisseaux sous-rétiniens et les œdèmes maculaires. L’examen est rapide, indolore et réalisé sans contact.

La DMLA peut-elle évoluer sans symptômes ?

La DMLA sèche précoce est souvent asymptomatique pendant des années. C’est pourquoi les patients à risque (plus de 50 ans, antécédents familiaux) doivent bénéficier d’un contrôle ophtalmologique régulier même en l’absence de gêne visuelle. La DMLA humide peut aussi démarrer de façon progressive avant de s’aggraver brutalement.

Qu’est-ce qu’un drusen maculaire ?

Les drusen sont des dépôts jaunâtres qui s’accumulent sous l’épithélium pigmentaire rétinien. Ils constituent le signe précoce de la DMLA sèche. Les petits drusen durs ont peu de signification ; les grands drusen mous, nombreux ou confluents, signalent une DMLA intermédiaire avec risque d’évolution vers une forme avancée.

DMLA Sèche (Atrophique)

Qu’est-ce que la DMLA sèche ?

La DMLA sèche ou atrophique représente 80 à 85 % des cas de DMLA. Elle évolue lentement par accumulation de drusen et dégradation progressive des photorécepteurs. Son stade avancé est l’atrophie géographique, une plage d’atrophie de l’épithélium pigmentaire et des photorécepteurs. Il n’existe pas encore de traitement curatif approuvé, mais des essais cliniques sont en cours.

Existe-t-il un traitement pour la DMLA sèche ?

À ce jour, aucun traitement curatif n’est disponible pour la DMLA sèche. Les compléments alimentaires AREDS2 (lutéine 10 mg, zéaxanthine 2 mg, zinc, vitamines C et E) ont démontré une réduction de 25 % du risque de progression vers une forme avancée chez les patients à risque élevé. Des thérapies ciblant le complément (Syfovre, Izervay) sont en développement pour l’atrophie géographique.

La DMLA sèche peut-elle devenir humide ?

Oui, environ 10 à 15 % des DMLA sèches se transforment en DMLA humide, parfois brutalement. C’est pourquoi une surveillance régulière (OCT tous les 3 à 6 mois, grille d’Amsler quotidienne à domicile) est indispensable. Tout signe de déformation visuelle nouvelle impose une consultation urgente.

Les compléments alimentaires AREDS2 sont-ils remboursés ?

Les compléments alimentaires AREDS2 (Nutrof Total, Maculens, Vitalux Plus, etc.) ne sont pas remboursés par l’Assurance Maladie en France car ils sont classés comme compléments alimentaires et non comme médicaments. Leur coût est d’environ 30 à 50 euros par mois. Le Dr Mayer Srour vous conseillera sur l’opportunité de les prescrire selon le stade de votre DMLA.

Qu’est-ce que l’atrophie géographique dans la DMLA ?

L’atrophie géographique est le stade terminal de la DMLA sèche. Elle correspond à la destruction progressive et irréversible des photorécepteurs et de l’épithélium pigmentaire rétinien dans la région maculaire. Elle évolue lentement (0,5 à 2 mm² par an) mais entraîne une perte définitive de la vision centrale lorsqu’elle atteint la fovéa centrale.

DMLA Humide (Néovasculaire)

Qu’est-ce que la DMLA humide ?

La DMLA humide ou néovasculaire représente 15 à 20 % des DMLA mais est responsable de 90 % des cas de perte visuelle sévère. Des néovaisseaux choroïdiens anormaux se développent sous la rétine, laissent fuir du liquide et du sang, provoquant un décollement de la rétine et une destruction rapide des photorécepteurs. Elle nécessite un traitement urgent par injections anti-VEGF.

Comment reconnaître une DMLA humide en urgence ?

Les signes d’alarme d’une DMLA humide sont : déformation brutale des lignes droites, tache noire ou grise au centre de la vision apparue en quelques jours, baisse brutale de l’acuité visuelle, vision des couleurs modifiée. Ces symptômes imposent une consultation dans les 24 à 48 heures au cabinet Grand Paris Ophtalmologie (01 85 10 57 00).

Le traitement de la DMLA humide est-il efficace ?

Oui, le traitement par injections intravitréennes d’anti-VEGF est très efficace s’il est débuté rapidement. Environ 90 % des patients maintiennent leur vision, et 30 à 40 % récupèrent des lignes d’acuité visuelle. L’efficacité dépend de la rapidité de prise en charge : chaque semaine de délai peut compromettre le pronostic visuel.

Quels médicaments anti-VEGF sont utilisés pour la DMLA humide ?

Les anti-VEGF disponibles en France pour la DMLA humide sont : le ranibizumab (Lucentis), l’aflibercept (Eylea), le faricimab (Vabysmo) et le brolucizumab (Beovu). Ces médicaments bloquent le facteur de croissance vasculaire (VEGF) responsable de la formation des néovaisseaux. Le choix du médicament dépend du profil du patient et de la réponse au traitement.

Combien de temps dure le traitement de la DMLA humide ?

Le traitement est généralement à vie, mais son intensité varie. La première année comprend typiquement 6 à 8 injections avec un protocole de phase d’induction (3 injections mensuelles) puis d’adaptation (selon l’OCT). Les années suivantes, les intervalles peuvent être allongés (Treat-and-Extend) voire le traitement suspendu si l’activité cesse.

Traitement par Injections Anti-VEGF

Combien d’injections faut-il pour traiter la DMLA humide ?

En moyenne, 6 à 8 injections sont réalisées la première année. Le nombre diminue souvent les années suivantes si la maladie est bien contrôlée. Vabysmo (faricimab) permet dans certains cas d’atteindre des intervalles de 16 semaines, réduisant le nombre annuel d’injections. Le Dr Mayer Srour adapte le protocole à chaque patient selon l’OCT de suivi.

Les injections intravitréennes pour la DMLA sont-elles remboursées ?

Oui, les injections d’anti-VEGF pour la DMLA humide sont intégralement remboursées à 100 % par l’Assurance Maladie (affection longue durée). Les molécules Eylea, Lucentis, Vabysmo et Beovu ont toutes l’AMM et le remboursement dans cette indication. Il n’y a pas de reste à charge pour le patient.

Peut-on espacer les injections anti-VEGF ?

Oui, selon l’évolution de la maladie. Le protocole Treat-and-Extend consiste à allonger progressivement les intervalles entre injections (de 4 semaines à 6, 8, 10, 12 semaines) tant que l’OCT est stable et sec. En cas de récidive, l’intervalle est raccourci. Cette approche personnalisée réduit le nombre total d’injections.

Peut-on arrêter les injections anti-VEGF ?

L’arrêt définitif est possible chez certains patients présentant une forme inactive pendant plusieurs années, mais il doit toujours être décidé par le médecin après analyse de l’OCT. Une surveillance rapprochée est maintenue après arrêt. Des rechutes surviennent dans 30 à 50 % des cas, nécessitant la reprise du traitement.

Surveillance et Vie Quotidienne

Comment surveiller sa DMLA à domicile ?

La grille d’Amsler est l’outil de surveillance quotidienne : fixez le point central avec un seul œil (correction visuelle portée) et vérifiez que les lignes sont droites et régulières. L’application ForeseeHome ou mVisionTrack permet une surveillance plus précise par télémédecine. Tout changement doit conduire à contacter immédiatement le cabinet : 01 85 10 57 00.

Peut-on conduire avec la DMLA ?

La conduite dépend de l’acuité visuelle résiduelle et de l’atteinte du champ visuel. En France, le permis B exige une acuité d’au moins 5/10 au meilleur œil. En cas de DMLA bilatérale avancée, la conduite peut être impossible. Le Dr Mayer Srour vous informera de votre aptitude à conduire en fonction de votre bilan visuel.

Peut-on lire avec la DMLA ?

La lecture reste possible aux stades précoces et intermédiaires. Des aides visuelles (loupes, éclairage adapté, télé-agrandisseurs, applications smartphone à fort contraste) permettent de maintenir une autonomie prolongée aux stades avancés. Des centres de basse vision spécialisés proposent une rééducation visuelle.

Faut-il un régime alimentaire particulier pour la DMLA ?

Une alimentation méditerranéenne (riche en légumes verts, fruits, poissons gras, huile d’olive) est associée à un risque réduit de progression. Les légumes riches en lutéine et zéaxanthine (épinards, chou, kiwi) sont particulièrement recommandés. La réduction des graisses saturées et de l’alcool est conseillée. Les compléments AREDS2 complètent l’alimentation pour les formes à risque élevé.

Existe-t-il des aides financières pour les patients DMLA ?

Les patients atteints de DMLA sévère peuvent bénéficier d’une reconnaissance de handicap (MDPH), d’aides à l’équipement en matériel de basse vision partiellement remboursé, d’aides à domicile, et de la PCH (Prestation de Compensation du Handicap) selon le niveau de perte visuelle. La fondation France Macula, dont le Dr Mayer Srour est Secrétaire Général, informe les patients sur ces dispositifs.