Toutes les réponses sur la chirurgie réfractive : LASIK, PKR, ICL, SMILE, correction de la presbytie, bilan préopératoire. Informations rédigées par le Dr Mayer Srour, ophtalmologue coordinateur au cabinet Grand Paris Ophtalmologie, en collaboration avec le Dr Yaïr Chetrit, chirurgien réfractif — 67 rue de Malnoue, 93160 Noisy-le-Grand – tél. 01 85 10 57 00.
Généralités
Qu’est-ce que la chirurgie réfractive ?
La chirurgie réfractive désigne l’ensemble des techniques permettant de corriger les défauts optiques de l’œil (myopie, hypermétropie, astigmatisme, presbytie) afin de réduire ou supprimer la dépendance aux lunettes et lentilles de contact. Elle agit sur la cornée (LASIK, PKR, SMILE) ou sur le cristallin (extraction du cristallin clair, implants phakes). À Grand Paris Ophtalmologie, le Dr Mayer Srour coordonne le bilan préopératoire et le Dr Yaïr Chetrit réalise les interventions.
Quelle est la différence entre LASIK et PKR ?
Le LASIK crée un volet cornéen superficiel au laser femtoseconde, réalise la photoablation sous le volet puis le repositionne : récupération très rapide (24-48h), indolore. La PKR retire l’épithélium superficiel puis réalise la photoablation en surface sans volet : récupération plus longue (5-7 jours de gêne), mais préférée pour les cornées fines, les sports de contact ou les formes infracliniques de kératocône. Les résultats à long terme sont comparables.
Qu’est-ce que le SMILE ?
SMILE (Small Incision Lenticule Extraction) est une technique entièrement sans volet : le laser femtoseconde découpe un lenticule de tissu cornéen qui est extrait par une micro-incision de 2 mm. Elle évite les complications du volet LASIK, préserve mieux l’innervation cornéenne et convient particulièrement aux myopes forts. Ses résultats réfractifs sont similaires au LASIK.
Qu’est-ce qu’un implant phake (ICL) ?
L’implant phake (Visian ICL — Implantable Collamer Lens) est une lentille souple posée derrière l’iris, devant le cristallin naturel qui est conservé. Il corrige la myopie de -3 à -20 dioptries et l’astigmatisme associé. C’est la technique de choix pour les fortes amétropies ou les cornées trop fines pour le laser. Elle est réversible (l’implant peut être retiré) et donne une qualité optique excellente.
La chirurgie réfractive est-elle permanente ?
La correction est définitive dans la grande majorité des cas. Cependant, l’œil continue d’évoluer naturellement : la presbytie survient après 45 ans même chez les opérés, et une légère régression est possible pour les très fortes corrections nécessitant un renforcement (enhancement). L’évolution naturelle du cristallin peut également modifier la réfraction avec l’âge.
À partir de quel âge peut-on opérer ?
La chirurgie réfractive est indiquée à partir de 18-21 ans, lorsque la prescription est stable depuis au moins 2 ans. Il n’y a pas de limite d’âge supérieure : après 45-50 ans, l’extraction du cristallin clair avec implant multifocal est souvent préférée au laser pour traiter à la fois la réfraction et la presbytie naissante.
Bilan Préopératoire
Quels examens sont nécessaires avant la chirurgie réfractive ?
Le bilan préopératoire réalisé par le Dr Mayer Srour comprend : topographie cornéenne (Pentacam/Sirius) pour détecter un kératocône, pachymétrie (épaisseur cornéenne), mesure pupillaire en conditions scotopiques, OCT de segment antérieur, fond d’œil dilaté pour vérifier la rétine, et une réfraction complète sous cycloplégique. Ce bilan dure environ 1h30 et détermine si vous êtes candidat et quelle technique est la plus adaptée.
Qu’est-ce que le kératocône et pourquoi est-il éliminatoire ?
Le kératocône est un amincissement progressif et déformation en cône de la cornée. Il est une contre-indication absolue au LASIK et à la PKR car l’ablation de tissu cornéen fragiliserait davantage la cornée et pourrait provoquer une ectasie (déformation irréversible). La topographie cornéenne permet de le dépister même à un stade infraclinique (forme fruste). En cas de kératocône confirmé, l’ICL peut être une alternative.
Peut-on faire la chirurgie réfractive si on a la sécheresse oculaire ?
La sécheresse oculaire sévère est une contre-indication relative au LASIK qui peut l’aggraver (le volet sectionne des nerfs cornéens impliqués dans la sécrétion lacrymale). La PKR et le SMILE préservent mieux l’innervation. Un traitement préalable de la sécheresse (larmes artificielles, bouchons lacrymaux, ciclosporine) peut permettre d’opérer dans un second temps. Le Dr Mayer Srour évalue la tolérance lacrymale lors du bilan.
Peut-on opérer si on a déjà eu une chirurgie de la cataracte ?
Oui, un ajustement réfractif au laser après chirurgie de la cataracte (LASIK ou PKR « touch-up ») est possible pour corriger un résidu réfractif résiduel. Il est réalisé 3 à 6 mois après la cataracte, une fois la réfraction stabilisée. Le Dr Mayer Srour et le Dr Chetrit coordonnent cette prise en charge.
Faut-il arrêter les lentilles avant le bilan préopératoire ?
Oui : arrêtez les lentilles souples 7 jours avant le bilan et les lentilles rigides (RGP) 3 à 4 semaines avant. Le port de lentilles déforme temporairement la cornée et fausse les mesures topographiques, risquant d’induire un calcul erroné de la correction chirurgicale. Venez avec vos lunettes pour le bilan.
Déroulement et Récupération
Comment se déroule une opération LASIK ?
L’intervention dure environ 15 minutes par œil. Sous anesthésie topique (collyres), le laser femtoseconde découpe le volet cornéen en 15-20 secondes, puis le laser excimer réalise la photoablation en 20-60 secondes selon la correction. Le volet est repositionné. Il n’y a ni point de suture ni pansement. La vision est déjà nettement améliorée le soir même, et excellente le lendemain matin.
Est-ce que la chirurgie réfractive est douloureuse ?
Le LASIK est quasi-indolore grâce aux collyres anesthésiants ; une légère pression est ressentie lors de la création du volet. La PKR provoque une gêne oculaire (sensation de corps étranger, larmoiement) pendant 3 à 5 jours, bien contrôlée par des antalgiques et des collyres anti-inflammatoires. L’ICL se réalise sous anesthésie locale et est indolore.
Quand peut-on reprendre le travail après le LASIK ?
Après LASIK : reprise du travail de bureau possible dès le lendemain. Après PKR : 5 à 7 jours d’arrêt recommandés. Après ICL : 2 à 3 jours. Les métiers exposés (poussière, projections) nécessitent un arrêt plus long. La conduite est possible dès que l’acuité est jugée suffisante par le Dr Chetrit lors du contrôle J1.
Quand peut-on faire du sport après la chirurgie réfractive ?
Après LASIK : sports doux (marche, vélo) dès J3, natation après 1 mois, sports de contact après 1 mois avec protection. Après PKR : sports doux après 10 jours, natation après 1 mois. Après ICL : sports doux après 1 semaine. Les sports aquatiques et de contact sont déconseillés plus longtemps en raison du risque infectieux et traumatique.
Peut-on opérer les deux yeux le même jour ?
Oui, les deux yeux sont généralement opérés lors de la même séance (chirurgie bilatérale simultanée), ce qui est standard pour le LASIK et la PKR. Certains chirurgiens préfèrent opérer les yeux à quelques jours d’intervalle pour ajuster si besoin. Le Dr Chetrit vous informera de l’approche retenue lors de la consultation chirurgicale.
Résultats et Complications
Quels sont les résultats attendus du LASIK ?
Après LASIK pour myopie modérée (-1 à -6 dioptries) : 95 % des patients atteignent 10/10 ou mieux sans correction. Pour les myopies fortes (>-6 dioptries), 85-90 % atteignent 8/10 ou mieux. Une légère correction résiduelle (±0,5 dioptrie) peut persister et être corrigée par un renforcement (enhancement) 6 à 12 mois après. La vision peut fluctuer légèrement les premières semaines.
Quels sont les risques et complications possibles ?
Les complications graves sont rares (<0,1 %) : ectasie cornéenne (déformation progressive, surtout sur cornée prédisposée), kératalgie traumatique (douleur si le volet est déplacé — portez des lunettes de protection en sport), infection cornéenne. Les effets secondaires fréquents mais transitoires incluent : halos nocturnes (3-6 mois), sécheresse oculaire (3-6 mois), légère halo lumineux. Le bilan préopératoire rigoureux par le Dr Mayer Srour minimise ces risques.
Qu’est-ce que la régression réfractive après LASIK ?
Une légère régression (retour partiel de la myopie) est possible après LASIK, surtout pour les corrections élevées. Elle survient généralement dans les 12 mois. Si la cornée est suffisamment épaisse, un renforcement (LASIK ou PKR touch-up) peut corriger ce résidu réfractif. Le taux de reprise est de 2 à 5 % selon le niveau de correction initial.
Les halos nocturnes après LASIK sont-ils permanents ?
Non, dans la grande majorité des cas, les halos nocturnes (vision de cercles autour des lumières) sont transitoires et s’estompent en 1 à 6 mois. Ils sont plus fréquents chez les patients avec de grandes pupilles ou de fortes corrections. Les lasers modernes à profils d’ablation optimisés (aspheriques) réduisent significativement cet effet secondaire.
Remboursement et Tarifs
La chirurgie réfractive est-elle remboursée par la Sécurité Sociale ?
Non, le LASIK, la PKR, le SMILE et l’ICL ne sont pas remboursés par l’Assurance Maladie en France car ils sont considérés comme des interventions de confort. Cependant, le bilan préopératoire ophtalmologique est remboursé. L’extraction du cristallin clair (considérée comme chirurgie de cataracte) peut être remboursée sous certaines conditions.
Les mutuelles remboursent-elles la chirurgie réfractive ?
Certaines mutuelles complémentaires proposent une prise en charge partielle de la chirurgie réfractive, généralement de 100 à 500 € par œil selon le niveau de garantie optique souscrit. Vérifiez votre contrat rubrique « chirurgie réfractive » ou « correction de la vue » avant la consultation. Le cabinet GPO fournit un devis détaillé pour votre mutuelle.
Quel est le coût moyen du LASIK en France ?
Le coût du LASIK varie selon la clinique et la technologie utilisée : généralement entre 800 et 1 500 € par œil. L’ICL coûte entre 1 500 et 2 500 € par œil en raison du coût de l’implant. Le Dr Chetrit vous remettra un devis personnalisé lors de la consultation chirurgicale. Des facilités de paiement peuvent être proposées.

