Toutes les réponses sur la rétinopathie diabétique : dépistage, stades, traitements (laser, anti-VEGF, chirurgie) et relation diabète-rétine. Informations rédigées par le Dr Mayer Srour, spécialiste en pathologie rétinienne et vitréorétinien au cabinet Grand Paris Ophtalmologie, 67 rue de Malnoue, 93160 Noisy-le-Grand – tél. 01 85 10 57 00.
Dépistage et Surveillance
Qu’est-ce que la rétinopathie diabétique ?
La rétinopathie diabétique est une complication microvasculaire du diabète qui atteint les vaisseaux de la rétine. Elle survient chez 30 à 40 % des diabétiques après 15 ans d’évolution et représente la première cause de cécité chez les adultes de 20 à 65 ans dans les pays développés. Elle est évitable et traitable si dépistée à temps.
Qui doit se faire dépister pour la rétinopathie diabétique ?
Tout patient diabétique (type 1 et type 2) doit bénéficier d’un fond d’œil annuel dès le diagnostic du diabète. Pour le diabète de type 1, le dépistage commence 3 à 5 ans après le début de la maladie. Une surveillance plus rapprochée (tous les 6 mois) est nécessaire en cas de rétinopathie connue, de grossesse ou de déséquilibre glycémique.
La rétinopathie diabétique peut-elle évoluer sans symptômes ?
Oui, c’est le principal danger. La rétinopathie diabétique est totalement asymptomatique pendant des années, même aux stades modérés. La baisse de vision survient tardivement lors de complications (œdème maculaire, hémorragie du vitré). C’est pourquoi le dépistage annuel est indispensable même en l’absence de tout symptôme visuel.
Quels sont les stades de la rétinopathie diabétique ?
La classification distingue : rétinopathie minime (microanévrismes seuls), rétinopathie modérée (hémorragies, exsudats), rétinopathie sévère (nombreuses hémorragies, anomalies veineuses, AMIR) et rétinopathie proliférante (néovaisseaux rétiniens ou prépapillaires). L’œdème maculaire peut survenir à tout stade et est la cause principale de baisse visuelle.
Quel rôle joue l’équilibre glycémique dans la rétinopathie ?
L’équilibre glycémique (HbA1c) est le facteur principal déterminant l’apparition et la progression de la rétinopathie. Un HbA1c <7 % réduit de 76 % le risque de rétinopathie sévère dans le diabète de type 1 (étude DCCT). Le contrôle tensionnel (TA <130/80 mmHg) et lipidique sont également essentiels dans le diabète de type 2.
Traitements
Comment traite-t-on l’œdème maculaire diabétique ?
L’œdème maculaire diabétique (OMD) est traité en première intention par injections intravitréennes d’anti-VEGF (Eylea, Lucentis, Vabysmo) remboursées à 100 %. L’implant de dexaméthasone (Ozurdex) est une alternative pour les patients non répondeurs ou pseudophaques. Le laser focal peut être associé dans certains cas. L’équilibre glycémique optimal est indispensable.
Quand réalise-t-on le laser panrétinien dans la rétinopathie diabétique ?
La photocoagulation panrétinienne (PPR) est indiquée en cas de rétinopathie diabétique proliférante ou de rétinopathie sévère à haut risque d’évolution. Elle consiste à appliquer des impacts laser sur toute la périphérie rétinienne pour réduire l’ischémie et stopper la néovascularisation. Le traitement se fait en ambulatoire en 2 à 3 séances.
Quand faut-il opérer la rétinopathie diabétique ?
La vitrectomie est indiquée en cas d’hémorragie du vitré persistante (>2-3 mois), de décollement de rétine tractif ou rhégmatogène, de rétinopathie proliférante sévère résistant au laser, ou d’œdème maculaire tractif. Le Dr Mayer Srour évalue les indications chirurgicales lors d’une consultation spécialisée.
Les injections anti-VEGF sont-elles remboursées pour l’œdème maculaire diabétique ?
Oui, Eylea (aflibercept), Lucentis (ranibizumab) et Vabysmo (faricimab) sont remboursés à 100 % pour l’œdème maculaire diabétique en France. Ozurdex (dexaméthasone) est également remboursé dans l’OMD pseudophaque. La prise en charge est en ALD (affection longue durée) sans reste à charge.
Relation Diabète et Rétine
Le type de diabète influence-t-il le risque de rétinopathie ?
Le diabète de type 1 a un risque cumulé de rétinopathie plus élevé (presque 100 % après 20 ans de diabète, dont 50 % de forme proliférante). Dans le diabète de type 2, la rétinopathie touche 20 % des patients au moment du diagnostic, car le diabète peut évoluer silencieusement pendant des années avant d’être découvert. La rétinopathie dans le type 2 est souvent moins sévère mais plus fréquente.
La grossesse aggrave-t-elle la rétinopathie diabétique ?
Oui, la grossesse peut aggraver rapidement une rétinopathie préexistante, notamment lors du premier trimestre et en post-partum. Un fond d’œil est recommandé avant la grossesse, au premier trimestre et à chaque trimestre en cas de rétinopathie. Un traitement laser ou anti-VEGF peut être nécessaire pendant la grossesse.
Le passage à l’insuline aggrave-t-il la rétinopathie ?
Un équilibre glycémique trop rapide lors de l’intensification du traitement (passage à l’insuline) peut paradoxalement aggraver transitoirement la rétinopathie dans les 6 à 12 premiers mois. Ce phénomène est temporaire et ne contre-indique pas l’insulinothérapie. Un fond d’œil de contrôle rapproché est recommandé lors de cette période.
Peut-on pratiquer le sport avec une rétinopathie diabétique ?
L’activité physique modérée est recommandée pour le contrôle glycémique. En cas de rétinopathie proliférante active ou d’hémorragie récente du vitré, les efforts physiques intenses (musculation, sports de contact) et les positions tête en bas sont déconseillés car ils peuvent provoquer des saignements. Demandez l’avis du Dr Mayer Srour selon votre stade.

