J'ai des drusen : est-ce grave ?
« Vous avez quelques drusen. » La phrase inquiète, souvent plus que nécessaire. Les drusen sont fréquents après 50 ans et la plupart n'évolueront jamais. Mais leur type et leur nombre changent le pronostic — et c'est précisément ce qui se mesure.
Un fond d'œil de routine, et cette phrase : « vous avez quelques drusen ». Beaucoup de patients repartent avec le sentiment qu'une DMLA vient d'être annoncée. Ce n'est pas le cas. Les drusen définissent un stade qui porte son propre nom — la maculopathie liée à l'âge — et qui, dans la majorité des cas, n'évoluera pas.

Ce que sont les drusen
Ce sont de petits dépôts jaunâtres qui s'accumulent sous la rétine, entre l'épithélium pigmentaire et la membrane de Bruch. Ils sont faits de lipides et de débris que la rétine n'élimine plus aussi bien avec l'âge. On les repère au fond d'œil, et l'OCT en précise la taille, la forme et le contenu.
Ils sont très fréquents : environ une personne sur quatre après 52 ans, et près de neuf sur dix après 80 ans. Les plus petits relèvent largement du vieillissement rétinien normal.
Tous les drusen ne se valent pas
C'est le point qui change tout, et celui qui manque le plus souvent dans l'information donnée aux patients. Le pronostic dépend du type de drusen bien plus que de leur simple présence.
- Drusen miliaires — petits (moins de 63 microns), ronds, à bords nets. Présents chez un quart à la moitié des personnes de plus de 50 ans. Lorsqu'ils sont isolés, ils sont habituellement stables et leurs complications sont rares et tardives.
- Drusen séreux — plus volumineux, à contours flous, souvent associés à des anomalies de pigmentation. Ils se compliquent d'une DMLA tardive dans environ 30 % des cas à long terme. Ce sont eux qui justifient une surveillance rapprochée.
- Pseudo-drusen réticulés, ou « drusen bleus » — mieux visibles en lumière bleue, situés au-dessus de l'épithélium pigmentaire. Le risque d'évolution est élevé, en particulier vers une forme néovasculaire. Ils ont été décrits pour la première fois par l'équipe du CHI de Créteil, où le Dr Srour a exercé.
- Drusen cuticulaires — nombreux et de petite taille, ils surviennent chez des sujets plus jeunes, vers 57 ans en moyenne, avec un risque d'évolution après 70 ans.
Chiffrer le risque, plutôt que l'imaginer
Le risque ne se devine pas : il s'estime. Un score simple, issu de la grande étude américaine AREDS, attribue à chaque œil un point pour la présence de drusen de plus de 125 microns et un point pour des migrations pigmentaires — soit un total de 0 à 4. À ce score correspond un risque chiffré d'évoluer vers une forme sévère.
Deux lectures de ce tableau. La première rassure : avec un score de 0, le risque à 10 ans est de l'ordre de 0,5 %. La seconde justifie le suivi : à 4, il approche deux tiers. Entre les deux, c'est précisément le rôle de la consultation que de situer où vous êtes.
Ce qu'on peut faire, ce qu'on ne peut pas
Aucun traitement ne fait disparaître des drusen. Ce qui se joue à ce stade relève de trois choses : l'arrêt du tabac, qui est le facteur de risque évitable le plus lourd ; une supplémentation nutritionnelle, discutée au cas par cas dans les formes intermédiaires et non justifiée pour de simples drusen miliaires ; et une surveillance adaptée au risque réel.
Ce qui se traite, ce sont les complications — et elles se traitent d'autant mieux qu'elles sont prises tôt. Une forme humide relève des injections intravitréennes, dont l'efficacité dépend largement de la précocité du diagnostic.
Le bilan, en une visite
Faire le point sur des drusen demande un fond d'œil et un OCT maculaire, complétés si besoin d'une OCT-angiographie, qui recherche des néovaisseaux sans aucune injection. Les trois examens se réalisent sur place à Noisy-le-Grand, dans la même consultation, et ils sont indolores.
Aucun courrier d'adressage n'est nécessaire : la prise de rendez-vous est directe.
Besoin d'un avis ophtalmologique ?
Prenez rendez-vous au cabinet — bilan complet, tous les examens sur place à Noisy-le-Grand.
Le cabinet Grand Paris Ophtalmologie, à Noisy-le-Grand, reçoit en consultation, dépistage et chirurgie les patients des communes voisines :