La DMLA n'a pas de cause psychologique : c'est une maladie dégénérative de la macula liée au vieillissement. En revanche, son retentissement psychologique est considérable et souvent sous-estimé, y compris par les médecins. Comprendre les craintes du patient et y répondre fait partie du traitement. Page rédigée par le Dr Mayer Srour à partir de sa publication dans Les Cahiers d'Ophtalmologie.
Beaucoup de patients se demandent si un choc, un deuil ou une période de stress a pu « déclencher » leur DMLA. La réponse est claire : non. La dégénérescence maculaire liée à l'âge est une maladie du vieillissement de la macula, dont les facteurs de risque sont l'âge, l'hérédité, le tabac, l'hypertension et une alimentation pauvre en antioxydants et en oméga-3.
Ce qui est vrai, en revanche, c'est que la DMLA a un retentissement psychologique majeur, et que le vécu de la maladie dépend beaucoup de l'état psychologique, de l'entourage et de la relation avec le médecin. C'est l'objet de cette page.
Les études de Brown et al. (2006) ont mesuré la perte de qualité de vie liée à la DMLA et l'ont comparée à d'autres maladies. Les résultats sont frappants :
Cette perte est sous-estimée par le grand public, par les médecins non ophtalmologistes, mais aussi par les ophtalmologistes eux-mêmes. Le retentissement est toutefois très variable : certains patients atteints de formes sévères vivent mieux la maladie que d'autres atteints de formes mineures. Le caractère, l'optimisme, l'entourage familial et l'état de santé général jouent un rôle considérable.
Ces craintes sont parfois tues. C'est au médecin de les faire émerger, en quelques questions sur la vie quotidienne, et d'y répondre. Lorsque la détresse est importante — idées noires, prostration, incapacité à entendre les arguments positifs — le recours au médecin traitant, au psychologue ou au psychiatre s'impose.
Apprécier en quelques phrases la vie quotidienne du patient et comprendre sa demande, même non exprimée. Le laisser parler de ses craintes pour mieux les dissiper. Expliquer la maladie avant le traitement, et expliquer chaque changement de stratégie thérapeutique (rythme des injections, changement de molécule).
Insister sur ce qui est préservé, proposer tôt la rééducation basse vision et les aides optiques lorsque la vision centrale baisse, impliquer l'entourage sans se substituer au patient. Et toujours laisser la porte ouverte aux innovations : la recherche sur la DMLA, y compris atrophique, avance vite, et l'espoir fait partie du soin.
Le Dr Mayer Srour, spécialiste de la rétine et de la macula formé au Centre Hospitalier Intercommunal de Créteil et auteur de cette publication, reçoit au cabinet Grand Paris Ophtalmologie (67 rue de Malnoue, Noisy-le-Grand, 93) les patients de l'Est parisien (93, 94, 77). Le plateau technique du cabinet permet le bilan complet sur place : OCT Spectralis, OCT-angiographie, angiographie, rétinophotographie, et les injections intravitréennes sont réalisées au cabinet.
Les réponses du Dr Mayer Srour, ophtalmologue spécialiste de la rétine à Noisy-le-Grand.
Le stress ne provoque pas la DMLA et n'accélère pas la dégénérescence elle-même. Il peut en revanche aggraver le vécu de la maladie, l'anxiété liée aux injections et la perception de la gêne visuelle. À ne pas confondre avec la CRSC, une autre maladie de la macula, elle, liée au stress et aux corticoïdes.
Non. La DMLA atteint la vision centrale (lecture, détails, visages) mais préserve toujours la vision périphérique, qui permet de se déplacer et de rester autonome. Même dans les formes évoluées, on ne perd pas la totalité de la vue.
Lui parler directement, ne pas décider à sa place, l'accompagner aux consultations sans répondre pour lui, l'aider à aménager l'éclairage et les contrastes à la maison, et l'encourager à poursuivre ses activités avec des aides adaptées (loupes, écrans, livres audio).
Oui lorsque la détresse est importante : tristesse persistante, repli, sommeil perturbé, sentiment d'inutilité. Le médecin traitant, un psychologue ou une association de patients peuvent aider. En parler à votre ophtalmologue est déjà une première étape.
L'injection elle-même est réalisée sous anesthésie locale et dure quelques secondes ; une gêne ou une sensation de sable peut suivre pendant quelques heures. Si vous ressentez une douleur à chaque injection ou une angoisse importante avant les séances, dites-le : des adaptations sont possibles.
Une prise en charge avec un orthoptiste et un opticien spécialisés pour apprendre à utiliser la vision périphérique restante (fixation excentrée), choisir les bons éclairages et aides optiques, et conserver lecture, écriture et déplacements le plus longtemps possible.
Le Dr Srour prend le temps d'expliquer la maladie et le traitement, et organise le suivi et la rééducation basse vision si besoin.
Le cabinet Grand Paris Ophtalmologie, à Noisy-le-Grand, reçoit en consultation, dépistage et chirurgie les patients des communes voisines :