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Maladies de la rétine
Maladies de la macula

La pachychoroïde

Choroïde épaisse · CRSC · Néovaisseaux

La pachychoroïde désigne une choroïde anormalement épaisse, avec des vaisseaux dilatés, visible à l'OCT. Ce n'est pas une maladie en soi mais un terrain qui regroupe plusieurs affections de la macula, de la CRSC aux formes néovasculaires. Page rédigée par le Dr Mayer Srour à partir de sa publication dans Réalités Ophtalmologiques.

2013
première description (Freund)
5 entités
du spectre pachychoroïde
OCT-A
examen clé des formes néovasculaires
Cartographie de l'épaisseur choroïdienne en OCT Swept-Source montrant une pachychoroïde avec pachyvaisseaux
Cartographie OCT de l'épaisseur choroïdienne : choroïde épaissie (flèche blanche) et pachyvaisseaux (flèches bleues) — figure de l'article

Pachychoroïde : l'essentiel en 30 secondes

  • Définition : épaississement diffus ou localisé de la choroïde (la couche vasculaire sous la rétine), avec de gros vaisseaux dilatés (« pachyvaisseaux ») et une hyperperméabilité visible en angiographie au vert d'indocyanine.
  • Ce n'est pas une maladie : beaucoup de personnes ont une choroïde épaisse sans aucun problème. On parle de pathologie lorsqu'elle s'accompagne d'une atteinte de la rétine ou de l'épithélium pigmentaire.
  • Les formes : non néovasculaires — épithéliopathie pigmentaire, syndrome péripapillaire, choriorétinopathie séreuse centrale (CRSC) aiguë ou chronique — et néovasculaires — pachychoroid neovasculopathy (PNV) et vasculopathie polypoïdale (VPC).
  • Traitement : surveillance ou laser/photothérapie dynamique pour les formes non néovasculaires, injections d'anti-VEGF ± photothérapie dynamique pour les formes néovasculaires. L'OCT-angiographie est l'examen de référence pour les détecter.
Publication scientifique
Pachychoroïde : définition et classifications
Réalités Ophtalmologiques n° 284, octobre 2021 — M. Srour, N. Herda (CHI Créteil)
Lire l'article original (PDF)
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Qu'est-ce que la pachychoroïde ?

La choroïde est la couche riche en vaisseaux située sous la rétine, qui la nourrit. La pachychoroïde (du grec pachys, épais) a été décrite en 2013 par l'équipe de K. Bailey Freund : elle associe une augmentation diffuse ou focale de l'épaisseur choroïdienne, une dilatation des gros vaisseaux de la couche de Haller (pachyvaisseaux) au contact de la membrane de Bruch, et un amincissement de la choriocapillaire et de la couche de Sattler.

Elle se mesure à l'OCT en mode Enhanced Depth Imaging ou en Swept-Source, qui permet de voir la choroïde en profondeur. L'angiographie au vert d'indocyanine (ICG) montre en plus une hyperperméabilité des vaisseaux choroïdiens. Sa physiopathologie reste mal comprise : des anastomoses anormales entre les veines de drainage de la choroïde (veines vortiqueuses), décrites par Spaide, orientent vers une pathologie de congestion veineuse.

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Les formes non néovasculaires

Épithéliopathie pigmentaire (PPE)
Petites altérations de l'épithélium pigmentaire en regard des zones de choroïde épaisse, sans liquide sous la rétine. Souvent découverte par hasard, aspect hétérogène en autofluorescence.
CRSC aiguë
Passage de liquide de la choroïde sous la rétine : bulle de décollement séreux au centre de la macula, vision floue ou déformée d'un œil. Touche surtout l'homme jeune, stressé, ou sous corticoïdes. Guérit le plus souvent seule en quelques semaines à quelques mois.
CRSC chronique (ERD)
Liquide persistant plus de 6 mois, points de fuite multiples, « coulées gravitationnelles » en autofluorescence, atrophie progressive de l'épithélium pigmentaire. Survient plutôt après 50 ans ; évolution récidivante.
Syndrome de pachychoroïde péripapillaire (PPS)
Épaississement choroïdien prédominant autour du nerf optique, souvent bilatéral, avec liquide sous ou dans la rétine du côté nasal de la macula, plis choroïdiens, parfois pseudo-œdème papillaire. Peut faire discuter une cause inflammatoire ou neurologique.

Toutes ces formes partagent le même terrain : une choroïde épaisse avec pachyvaisseaux à l'OCT. La CRSC en est la manifestation la plus fréquente.

CRSC chronique : autofluorescence avec coulée gravitationnelle, angiographie à la fluorescéine et ICG, OCT avec décollement séreux rétinien
CRSC chronique : coulée gravitationnelle en autofluorescence, points de fuite multiples, hyperperméabilité choroïdienne en ICG et décollement séreux rétinien à l'OCT
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Les formes néovasculaires

Pachychoroid neovasculopathy (PNV)
Néovaisseaux choroïdiens de type 1 (sous l'épithélium pigmentaire) sur une pachychoroïde, souvent après une CRSC chronique. À l'OCT : décollement plan et irrégulier de l'épithélium pigmentaire (FIPED), présent dans un à deux tiers des CRSC chroniques. Diagnostic difficile en angiographie ; l'OCT-angiographie est l'examen de référence.
Vasculopathie polypoïdale choroïdienne (VPC)
Réseau vasculaire anormal et ramifié de la choroïde interne avec dilatations anévrysmales (« polypes »). Peut compliquer une CRSC ancienne ou une PNV. Voir la page dédiée à la VPC.

La présence d'une pachychoroïde est un facteur prédictif de réponse aux anti-VEGF, et le traitement combiné anti-VEGF + photothérapie dynamique peut s'avérer particulièrement efficace dans ces formes.

Pachychoroid neovasculopathy : OCT avec décollement plan de l'épithélium pigmentaire et OCT-angiographie montrant le néovaisseau
Pachychoroid neovasculopathy (PNV) : décollement plan de l'épithélium pigmentaire à l'OCT et flux néovasculaire en OCT-angiographie
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Comment fait-on le diagnostic ?

Le diagnostic repose sur l'imagerie multimodale, entièrement disponible au cabinet :

OCT EDI / Swept-Source
Mesure de l'épaisseur choroïdienne, pachyvaisseaux, liquide sous-rétinien, décollements de l'épithélium pigmentaire.
OCT-angiographie
Détecte sans injection le flux d'un néovaisseau de type 1 ou d'un réseau polypoïdal — l'examen clé des formes néovasculaires.
Angiographie à la fluorescéine et à l'ICG
Point de fuite en « jet de vapeur » de la CRSC aiguë, hyperperméabilité choroïdienne, plaque néovasculaire ou polypes.
Autofluorescence
Altérations de l'épithélium pigmentaire, coulées gravitationnelles des formes chroniques.
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Quels traitements ?

Formes non néovasculaires : la CRSC aiguë guérit souvent spontanément ; l'arrêt des corticoïdes et la gestion du stress sont essentiels. En cas de persistance (CRSC chronique), un laser micropulse ou une photothérapie dynamique (PDT) à demi-dose peuvent être proposés pour assécher le liquide.

Formes néovasculaires (PNV, VPC) : les injections intravitréennes d'anti-VEGF sont le traitement de première intention, seules ou combinées à la photothérapie dynamique selon la localisation des lésions. Le suivi régulier en OCT permet d'adapter le rythme des injections.

Dans tous les cas, le suivi est prolongé : ces affections sont récidivantes et une forme non néovasculaire peut, avec le temps, se compliquer de néovaisseaux.

Imagerie multimodale montrant l'évolution d'une PNV vers une vasculopathie polypoïdale après 2 ans de suivi
Évolution d'une PNV (haut) vers une vasculopathie polypoïdale (bas) après 2 ans et 8 injections d'anti-VEGF : fluorescéine, ICG, OCT, OCT-A
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Pachychoroïde et DMLA : quelles différences ?

Les deux touchent la macula et peuvent entraîner des néovaisseaux, mais la DMLA survient sur une choroïde plutôt fine, après 60-70 ans, avec des drusen, tandis que les pathologies du spectre pachychoroïde surviennent souvent plus tôt, sans drusen, sur une choroïde épaisse. La distinction compte pour le traitement : la réponse aux anti-VEGF et l'intérêt de la photothérapie dynamique diffèrent. Les deux entités partagent toutefois probablement des facteurs de risque génétiques.

Prise en charge à Noisy-le-Grand

Le Dr Mayer Srour, spécialiste de la rétine et de la macula formé au Centre Hospitalier Intercommunal de Créteil et auteur de cette publication, reçoit au cabinet Grand Paris Ophtalmologie (67 rue de Malnoue, Noisy-le-Grand, 93) les patients de l'Est parisien (93, 94, 77). Le plateau technique du cabinet permet le bilan complet sur place : OCT Spectralis, OCT-angiographie, angiographie, rétinophotographie, et les injections intravitréennes sont réalisées au cabinet.

Page rédigée par le Dr Mayer Srour, chirurgien ophtalmologue spécialiste de la rétine à Noisy-le-Grand, à partir de sa publication : Pachychoroïde : définition et classifications — Réalités Ophtalmologiques n° 284, octobre 2021 — M. Srour, N. Herda (CHI Créteil). Version adaptée pour les patients ; l'article original est accessible en PDF. Dernière mise à jour : septembre 2026.
Questions fréquentes

La pachychoroïde en questions

Les réponses du Dr Mayer Srour, ophtalmologue spécialiste de la rétine à Noisy-le-Grand.

La pachychoroïde est-elle grave ?

Non en elle-même : une choroïde épaisse isolée est une simple variante anatomique. Ce sont ses complications — liquide sous la rétine (CRSC), néovaisseaux, polypes — qui peuvent baisser la vision. D'où l'intérêt d'un suivi en OCT lorsqu'un terrain pachychoroïde est identifié.

Quels sont les symptômes ?

Souvent aucun. Lorsque du liquide s'accumule sous la macula : vision floue ou assombrie d'un œil, lignes droites déformées (métamorphopsies), objets vus plus petits (micropsie), tache grise centrale. Une baisse brutale doit faire consulter rapidement.

Qui est concerné ?

La CRSC touche typiquement l'homme de 30 à 50 ans, au tempérament anxieux ou soumis au stress, en travail de nuit, ou sous corticoïdes (comprimés, sprays, crèmes, infiltrations). Les formes néovasculaires (PNV, VPC) surviennent plutôt après 50-60 ans.

Peut-on prévenir les récidives ?

On peut limiter les facteurs déclenchants : éviter les corticoïdes sous toutes leurs formes lorsque c'est possible, réguler le sommeil, gérer le stress. Un contrôle OCT au moindre symptôme permet de traiter tôt.

Quel est le rôle de l'OCT-angiographie ?

C'est l'examen qui a changé la prise en charge : il détecte sans injection les néovaisseaux de type 1 cachés sous un décollement plan de l'épithélium pigmentaire, souvent invisibles en angiographie classique. Il est réalisé au cabinet, au cours de la consultation.

Le traitement est-il définitif ?

Non : les affections du spectre pachychoroïde évoluent par poussées. Le traitement assèche la rétine et protège la vision, mais un suivi régulier reste nécessaire pour dépister une récidive ou l'apparition de néovaisseaux.

À lire aussi

Fiche pathologie
Choriorétinopathie séreuse centrale
La forme la plus fréquente du spectre pachychoroïde.
Publication
Vasculopathie polypoïdale choroïdienne
Diagnostic et traitement — recommandations FFM.
Fiche pathologie
DMLA
Dépistage, formes sèche et humide, traitements.
Plateau technique
OCT-angiographie
Voir les néovaisseaux sans injection.
Traitement
Injections intravitréennes
Anti-VEGF : déroulement au cabinet.
Le cabinet
Dr Mayer Srour
Spécialiste de la rétine et de la macula.

Vision déformée ou tache centrale ?

Bilan complet de la macula (OCT, OCT-angiographie, angiographie) au cabinet de Noisy-le-Grand, avec le Dr Srour.