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Maladies de la rétine
Maladies de la macula

La vasculopathie polypoïdale choroïdienne

VPC · Polypes choroïdiens · Anti-VEGF et PDT

La vasculopathie polypoïdale choroïdienne (VPC) est une maladie des vaisseaux de la choroïde : un réseau vasculaire anormal terminé par des dilatations en « polypes », responsable de décollements et d'hémorragies sous la rétine. Proche de la DMLA humide mais différente, elle se traite par anti-VEGF, seuls ou associés à la photothérapie dynamique. Page rédigée par le Dr Mayer Srour, premier auteur des recommandations françaises.

1982
description par Yannuzzi
ICG
l'angiographie de référence
2 options
anti-VEGF seuls ou + PDT
Vasculopathie polypoïdale choroïdienne : rétinographie, autofluorescence, angiographie à la fluorescéine et ICG, OCT
Imagerie multimodale d'une VPC : rétinographie, autofluorescence, angiographie à la fluorescéine, ICG et SD-OCT — figure des recommandations FFM

VPC : l'essentiel en 30 secondes

  • Qu'est-ce que c'est ? Une vascularisation anormale et ramifiée de la choroïde interne, avec des dilatations anévrysmales (polypes), pouvant provoquer un décollement séreux ou hémorragique de l'épithélium pigmentaire.
  • VPC ou DMLA ? La VPC survient plus tôt (vers 60 ans), plus souvent chez la femme en Europe, sans drusen, sur une choroïde souvent épaisse. Freund la classe aujourd'hui dans le spectre des pachychoroïdes, sous le nom de « néovaisseaux de type 1 avec anévrysmes ».
  • Diagnostic : imagerie multimodale, avec l'angiographie au vert d'indocyanine (ICG) comme référence ; l'OCT montre le décollement « en dôme » ou « ogival » de l'épithélium pigmentaire typique du polype.
  • Traitement : en première intention, injections intravitréennes d'anti-VEGF en monothérapie, ou traitement combiné anti-VEGF + photothérapie dynamique à la vertéporfine selon la localisation des polypes (recommandations de la Fédération France Macula).
Publication scientifique
Approche diagnostique et thérapeutique de la vasculopathie polypoïdale choroïdienne — Recommandations de la Fédération France Macula
Journal Français d'Ophtalmologie, 2019 — M. Srour, D. Sayag, S. Nghiem-Buffet, C. Arndt, C. Creuzot-Garcher, E. Souied, M. Mauget-Faÿsse
Lire l'article original (PDF)
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Qu'est-ce que la vasculopathie polypoïdale choroïdienne ?

Décrite pour la première fois par Yannuzzi en 1982, la VPC est une vascularisation anormale et ramifiée de la choroïde interne, associée à des dilatations vasculaires anévrysmales — les polypes. Ces lésions peuvent entraîner un décollement séreux de l'épithélium pigmentaire, un décollement de rétine séreux et parfois un véritable tableau hémorragique.

Le plus souvent idiopathique, elle peut aussi être secondaire à une DMLA exsudative, à un staphylome de forte myopie, à une épithéliopathie rétinienne diffuse (CRSC chronique) ou à un nævus. Plus récemment, Freund l'a intégrée au spectre des pachychoroïdes et rebaptisée « néovaisseaux de type 1 avec anévrysmes ».

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VPC ou DMLA : quelles différences ?

Âge et sexe
La VPC est découverte plus tôt (60 ans contre 70 ans pour la DMLA humide) et touche plus souvent les femmes dans les populations caucasiennes.
Populations
Prévalence beaucoup plus marquée dans les populations asiatiques (jusqu'à la moitié des « DMLA humides ») que chez les Caucasiens.
Fond d'œil
Atteinte souvent extrafovéolaire, parfois périphérique, sans drusen au pôle postérieur, avec hémorragie et exsudats. La DMLA s'accompagne de drusen.
Choroïde
Épaisse (pachychoroïde) dans la VPC, plutôt fine dans la DMLA.

Les deux affections partagent cependant des facteurs de risque : le tabac (risque multiplié par 4 dans une étude chinoise) et certains gènes (CFH, HTRA1, LOC387715), avec des fréquences différentes. La réponse n'est donc pas tranchée : la VPC est à la fois proche de la DMLA et une entité à part entière, ce qui justifie une approche thérapeutique spécifique.

Angiographie au vert d'indocyanine montrant les polypes d'une vasculopathie polypoïdale choroïdienne
Angiographie au vert d'indocyanine : polypes hyperfluorescents arrondis, typiques de la VPC
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Comment fait-on le diagnostic ?

Le diagnostic repose sur l'imagerie multimodale. La Fédération France Macula recommande l'angiographie au vert d'indocyanine (ICG), qui reste le gold standard : elle montre le réseau vasculaire anormal (branching vascular network) et les polypes sous forme de points hyperfluorescents arrondis.

OCT
Décollement de l'épithélium pigmentaire en dôme ou ogival à parois abruptes correspondant au polype, accolé à un soulèvement plan contenant le réseau anormal ; liquide sous-rétinien ; choroïde souvent épaisse.
OCT-angiographie
Visualise le flux du réseau vasculaire anormal ; le flux du polype lui-même est inconstamment détecté.
Angiographie à la fluorescéine
Hyperfluorescence mal définie, décollement de l'épithélium pigmentaire vascularisé.
Rétinophotographie
Lésions orangées sous-rétiniennes, hémorragies, exsudats.
VPC en angiographie à la fluorescéine, ICG et OCT-angiographie avec réseau vasculaire anormal et polype
Fluorescéine, ICG et OCT-angiographie d'une VPC : réseau vasculaire anormal (flèche verte) et polype (flèche rouge)
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Quels traitements ?

Les recommandations de la Fédération France Macula (Srour et al., Journal Français d'Ophtalmologie, 2019), fondées sur l'analyse de la littérature et l'avis d'experts, proposent en première intention :

Anti-VEGF en monothérapie
Injections intravitréennes répétées (aflibercept, ranibizumab…), avec un protocole adapté à l'activité de la lésion. Efficaces sur le liquide et la vision ; les polypes régressent moins complètement.
Traitement combiné anti-VEGF + PDT
Photothérapie dynamique à la vertéporfine ciblant les polypes, associée aux injections. Proposée selon la localisation des polypes (hors fovéa notamment) et en cas de réponse insuffisante aux anti-VEGF seuls.

Le choix dépend de la localisation des lésions, de l'acuité visuelle et de la réponse au traitement. Un algorithme décisionnel détaillé figure dans l'article original. Le suivi est prolongé, avec contrôles OCT réguliers : la VPC est une maladie chronique et récidivante.

Algorithme de prise en charge de la vasculopathie polypoïdale choroïdienne selon la Fédération France Macula
Algorithme thérapeutique de la VPC proposé par la Fédération France Macula : anti-VEGF seuls ou combinés à la photothérapie dynamique selon la localisation
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Pourquoi bien identifier une VPC ?

Parce qu'une VPC répond différemment d'une DMLA classique : les polypes sont parfois résistants aux anti-VEGF seuls, et la photothérapie dynamique, peu utilisée dans la DMLA, y garde une place importante. Un diagnostic précis, avec ICG, évite les sous-traitements et les injections inutiles. Le cabinet dispose de l'ensemble du plateau d'imagerie nécessaire, et le Dr Srour a coordonné les recommandations françaises sur cette pathologie.

Prise en charge à Noisy-le-Grand

Le Dr Mayer Srour, spécialiste de la rétine et de la macula formé au Centre Hospitalier Intercommunal de Créteil et auteur de cette publication, reçoit au cabinet Grand Paris Ophtalmologie (67 rue de Malnoue, Noisy-le-Grand, 93) les patients de l'Est parisien (93, 94, 77). Le plateau technique du cabinet permet le bilan complet sur place : OCT Spectralis, OCT-angiographie, angiographie, rétinophotographie, et les injections intravitréennes sont réalisées au cabinet.

Page rédigée par le Dr Mayer Srour, chirurgien ophtalmologue spécialiste de la rétine à Noisy-le-Grand, à partir de sa publication : Approche diagnostique et thérapeutique de la vasculopathie polypoïdale choroïdienne — Recommandations de la Fédération France Macula — Journal Français d'Ophtalmologie, 2019 — M. Srour, D. Sayag, S. Nghiem-Buffet, C. Arndt, C. Creuzot-Garcher, E. Souied, M. Mauget-Faÿsse. Version adaptée pour les patients ; l'article original est accessible en PDF. Dernière mise à jour : septembre 2026.
Questions fréquentes

La vasculopathie polypoïdale choroïdienne en questions

Les réponses du Dr Mayer Srour, ophtalmologue spécialiste de la rétine à Noisy-le-Grand.

La VPC est-elle une forme de DMLA ?

La question fait débat. Elle partage avec la DMLA humide des facteurs de risque et un traitement par anti-VEGF, mais elle survient plus tôt, sans drusen, sur une choroïde épaisse, et répond parfois mieux à un traitement combiné avec la photothérapie dynamique. La plupart des experts la considèrent aujourd'hui comme une entité du spectre pachychoroïde, distincte de la DMLA.

Quels sont les symptômes d'une VPC ?

Baisse de vision d'un œil, lignes déformées, tache centrale, parfois brutalement en cas d'hémorragie sous-rétinienne. Certaines VPC périphériques restent longtemps asymptomatiques.

L'angiographie ICG est-elle indispensable ?

Elle reste l'examen de référence pour voir les polypes et le réseau anormal. L'OCT et l'OCT-angiographie permettent souvent de suspecter fortement le diagnostic ; l'ICG le confirme et guide la photothérapie dynamique.

Qu'est-ce que la photothérapie dynamique (PDT) ?

Un traitement en deux temps : perfusion d'un produit photosensibilisant (vertéporfine), puis illumination de la lésion par un laser de faible puissance qui ferme sélectivement les vaisseaux anormaux. Elle se fait en ambulatoire ; il faut éviter le soleil pendant 48 heures.

Combien d'injections faut-il ?

Cela dépend de chaque patient. Une phase d'induction de 3 injections mensuelles est habituelle, puis le rythme est adapté à l'activité de la lésion à l'OCT. Le traitement combiné avec la PDT peut réduire le nombre d'injections nécessaires.

Peut-on guérir d'une VPC ?

Les polypes peuvent régresser complètement, en particulier après photothérapie dynamique, mais des récidives sont possibles. Un suivi régulier permet de traiter tôt toute reprise d'activité et de préserver la vision.

Vasculopathie polypoïdale : quel traitement aujourd'hui ?

Le Dr Mayer Srour répond à la question « Vasculopathie polypoïdale : quel traitement aujourd'hui ? » dans une interview menée par le Dr Charlotte Rohart, d'après la journée scientifique DMLA en pratique (Paris, 18 septembre 2026).

Interview d'experts DMLA en pratique 2026 · Vidéo © Edimark – Images en Ophtalmologie · Voir sur Edimark

Comment traiter un polype ? L'interview du Dr Srour

Le Dr Mayer Srour répond à la question « Comment traiter un polype ? » dans cette interview réalisée par le Dr Oudy Semoun lors du congrès MaculART 2019 (Paris).

Interview MaculART 2019 (Paris, 23-25 juin 2019) · Vidéo © Edimark – Images en Ophtalmologie · Voir sur Edimark

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Dr Mayer Srour
Spécialiste de la rétine, auteur des recommandations.

Une VPC suspectée ou en cours de traitement ?

Bilan d'imagerie complet et traitement (anti-VEGF, orientation PDT) avec le Dr Srour, à Noisy-le-Grand.