VPC : l'essentiel en 30 secondes
- Qu'est-ce que c'est ? Une vascularisation anormale et ramifiée de la choroïde interne, avec des dilatations anévrysmales (polypes), pouvant provoquer un décollement séreux ou hémorragique de l'épithélium pigmentaire.
- VPC ou DMLA ? La VPC survient plus tôt (vers 60 ans), plus souvent chez la femme en Europe, sans drusen, sur une choroïde souvent épaisse. Freund la classe aujourd'hui dans le spectre des pachychoroïdes, sous le nom de « néovaisseaux de type 1 avec anévrysmes ».
- Diagnostic : imagerie multimodale, avec l'angiographie au vert d'indocyanine (ICG) comme référence ; l'OCT montre le décollement « en dôme » ou « ogival » de l'épithélium pigmentaire typique du polype.
- Traitement : en première intention, injections intravitréennes d'anti-VEGF en monothérapie, ou traitement combiné anti-VEGF + photothérapie dynamique à la vertéporfine selon la localisation des polypes (recommandations de la Fédération France Macula).
Qu'est-ce que la vasculopathie polypoïdale choroïdienne ?
Décrite pour la première fois par Yannuzzi en 1982, la VPC est une vascularisation anormale et ramifiée de la choroïde interne, associée à des dilatations vasculaires anévrysmales — les polypes. Ces lésions peuvent entraîner un décollement séreux de l'épithélium pigmentaire, un décollement de rétine séreux et parfois un véritable tableau hémorragique.
Le plus souvent idiopathique, elle peut aussi être secondaire à une DMLA exsudative, à un staphylome de forte myopie, à une épithéliopathie rétinienne diffuse (CRSC chronique) ou à un nævus. Plus récemment, Freund l'a intégrée au spectre des pachychoroïdes et rebaptisée « néovaisseaux de type 1 avec anévrysmes ».
VPC ou DMLA : quelles différences ?
Les deux affections partagent cependant des facteurs de risque : le tabac (risque multiplié par 4 dans une étude chinoise) et certains gènes (CFH, HTRA1, LOC387715), avec des fréquences différentes. La réponse n'est donc pas tranchée : la VPC est à la fois proche de la DMLA et une entité à part entière, ce qui justifie une approche thérapeutique spécifique.
Comment fait-on le diagnostic ?
Le diagnostic repose sur l'imagerie multimodale. La Fédération France Macula recommande l'angiographie au vert d'indocyanine (ICG), qui reste le gold standard : elle montre le réseau vasculaire anormal (branching vascular network) et les polypes sous forme de points hyperfluorescents arrondis.
Quels traitements ?
Les recommandations de la Fédération France Macula (Srour et al., Journal Français d'Ophtalmologie, 2019), fondées sur l'analyse de la littérature et l'avis d'experts, proposent en première intention :
Le choix dépend de la localisation des lésions, de l'acuité visuelle et de la réponse au traitement. Un algorithme décisionnel détaillé figure dans l'article original. Le suivi est prolongé, avec contrôles OCT réguliers : la VPC est une maladie chronique et récidivante.
Pourquoi bien identifier une VPC ?
Parce qu'une VPC répond différemment d'une DMLA classique : les polypes sont parfois résistants aux anti-VEGF seuls, et la photothérapie dynamique, peu utilisée dans la DMLA, y garde une place importante. Un diagnostic précis, avec ICG, évite les sous-traitements et les injections inutiles. Le cabinet dispose de l'ensemble du plateau d'imagerie nécessaire, et le Dr Srour a coordonné les recommandations françaises sur cette pathologie.
Prise en charge à Noisy-le-Grand
Le Dr Mayer Srour, spécialiste de la rétine et de la macula formé au Centre Hospitalier Intercommunal de Créteil et auteur de cette publication, reçoit au cabinet Grand Paris Ophtalmologie (67 rue de Malnoue, Noisy-le-Grand, 93) les patients de l'Est parisien (93, 94, 77). Le plateau technique du cabinet permet le bilan complet sur place : OCT Spectralis, OCT-angiographie, angiographie, rétinophotographie, et les injections intravitréennes sont réalisées au cabinet.
La vasculopathie polypoïdale choroïdienne en questions
Les réponses du Dr Mayer Srour, ophtalmologue spécialiste de la rétine à Noisy-le-Grand.
La VPC est-elle une forme de DMLA ?
La question fait débat. Elle partage avec la DMLA humide des facteurs de risque et un traitement par anti-VEGF, mais elle survient plus tôt, sans drusen, sur une choroïde épaisse, et répond parfois mieux à un traitement combiné avec la photothérapie dynamique. La plupart des experts la considèrent aujourd'hui comme une entité du spectre pachychoroïde, distincte de la DMLA.
Quels sont les symptômes d'une VPC ?
Baisse de vision d'un œil, lignes déformées, tache centrale, parfois brutalement en cas d'hémorragie sous-rétinienne. Certaines VPC périphériques restent longtemps asymptomatiques.
L'angiographie ICG est-elle indispensable ?
Elle reste l'examen de référence pour voir les polypes et le réseau anormal. L'OCT et l'OCT-angiographie permettent souvent de suspecter fortement le diagnostic ; l'ICG le confirme et guide la photothérapie dynamique.
Qu'est-ce que la photothérapie dynamique (PDT) ?
Un traitement en deux temps : perfusion d'un produit photosensibilisant (vertéporfine), puis illumination de la lésion par un laser de faible puissance qui ferme sélectivement les vaisseaux anormaux. Elle se fait en ambulatoire ; il faut éviter le soleil pendant 48 heures.
Combien d'injections faut-il ?
Cela dépend de chaque patient. Une phase d'induction de 3 injections mensuelles est habituelle, puis le rythme est adapté à l'activité de la lésion à l'OCT. Le traitement combiné avec la PDT peut réduire le nombre d'injections nécessaires.
Peut-on guérir d'une VPC ?
Les polypes peuvent régresser complètement, en particulier après photothérapie dynamique, mais des récidives sont possibles. Un suivi régulier permet de traiter tôt toute reprise d'activité et de préserver la vision.
Vasculopathie polypoïdale : quel traitement aujourd'hui ?
Le Dr Mayer Srour répond à la question « Vasculopathie polypoïdale : quel traitement aujourd'hui ? » dans une interview menée par le Dr Charlotte Rohart, d'après la journée scientifique DMLA en pratique (Paris, 18 septembre 2026).
Comment traiter un polype ? L'interview du Dr Srour
Le Dr Mayer Srour répond à la question « Comment traiter un polype ? » dans cette interview réalisée par le Dr Oudy Semoun lors du congrès MaculART 2019 (Paris).
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